Portraits of people with their favourite books

This project became an exhibition in Toulouse. Each of the people who agreed to be photographed chose a favourite book, which they discussed during the shooting. The intention was to help the person being photographed to relax by taking their mind off the camera, and to add to the information about the person. As one of the people remarked, “This is the only portrait of me in which I don’t look stressed and anxious”.

Anne

« La clé du sens profond du Livre des morts tibétain »
de Padmasambhava

L’impression que ce livre me révéla ce que je pressentais depuis mon adolescence…Toujours cette question douloureuse et récurrente sur le sens profond de la mort, probablement pour espérer atteindre celui de la Vie…Et plus encore, le sens que je donnerai à « ma propre existence », au-delà des obstacles rencontrés et des bonheurs trop éphémères… Des voiles se levèrent enfin, à la lecture des commentaires du texte de ce grand maitre indien do bouddhisme tantrique Padmasambhava traitant les six bardo (tous les états du samsara et du nirvana). Je palpais alors au fil des pages, une dimension abyssale de la précieuse existence humaine… Le Chemin reste à être parcouru…

Audrey

« Manuella »
de Philippe Labro

J’ai choisi ce livre parce qu’il est le seul auquel je pense souvent, comme si l’héroïne avait vraiment existé et que nous nous étions perdues de vue. J’avais le même âge que Manuella la première fois où j’ai lu son histoire l’âge adulte, l’avenir…) et cela m’avait donné l’impression de trouver une copine. De plus le sentiment qu’elle ait pu exister est renforcé par l’anecdote qu’elle note dans son journal intime au début du roman, et qui est une histoire vraie : en Caroline du Nord, un petit garçon de six ans avait embrassé une camarade de classe (à sa demande) et avait été accusé de harcèlement sexuel par la directrice de son école… J’ai retrouvé Jonathan Prevette sur facebook : il vit toujours en Caroline du Nord, aime Zac Brown Band (un groupe de Country), la série Dexter et ignore, probablement, qu’il introduit et conclut le roman d’un des auteurs les plus connus en France. J’aime ce mélange de réel et de fiction. Je sais que Manuella n’existe pas vraiment, mais c’est un personnage que Philippe Labro (né à Montauban) a créé en observant sa petite fille… Une petite partie d’elle vit donc encore quelque part.J’ai choisi ce livre parce qu’il est le seul auquel je pense souvent, comme si l’héroïne avait vraiment existé et que nous nous étions perdues de vue. J’avais le même âge que Manuella la première fois où j’ai lu son histoire l’âge adulte, l’avenir…) et cela m’avait donné l’impression de trouver une copine. De plus le sentiment qu’elle ait pu exister est renforcé par l’anecdote qu’elle note dans son journal intime au début du roman, et qui est une histoire vraie : en Caroline du Nord, un petit garçon de six ans avait embrassé une camarade de classe (à sa demande) et avait été accusé de harcèlement sexuel par la directrice de son école… J’ai retrouvé Jonathan Prevette sur facebook : il vit toujours en Caroline du Nord, aime Zac Brown Band (un groupe de Country), la série Dexter et ignore, probablement, qu’il introduit et conclut le roman d’un des auteurs les plus connus en France. J’aime ce mélange de réel et de fiction. Je sais que Manuella n’existe pas vraiment, mais c’est un personnage que Philippe Labro (né à Montauban) a créé en observant sa petite fille… Une petite partie d’elle vit donc encore quelque part.

Chris

« Zen and the Art of Motorcycle Maintenance »
de Robert M. Pirsig

Un voyage en moto aux Etats-Unis. Pirsig et son fils, Chris. Père et fils essaient de retrouver une relation perdue, dans le passé. Pendant le voyage, Pirsig parle aussi de l’idée de qualité. Pour lui, la qualité est le principe derrière tout ce qui est bien dans notre monde ; c’est aussi ce qui unifie la science et l’art ; c’est également la conscience des bouddhistes. Peu à peu, le lecteur comprend que Pirsig vivait une autre vie dans le passé. Etudiant brillant, il avait poursuivi sa thèse de qualité jusqu’au bout de sa santé mentale. Hospitalisé, traité par électrochoc, il avait perdu la mémoire. Un voyage de redécouverte – de son fils, de sa mémoire, des valeurs de la vie. A lire et à relire.

Claire

« Petit traité de vie intérieure »
de Frédéric Lenoir

Ce livre m’inspire de la gratitude pour les réponses immédiates qu’il a apportées à mes moments de doute ou, le nez levé, hors du texte, je me posais des « pourquoi » à tout bout de champ. Je baissais alors le regard et je tombais juste sur l’exact aboutissement à ma question. Je balbutiais : « Ca alors !…

Colette

« Longue Marche »
de Bernard Ollivier

A la retraite, veuf et seul, autodidacte, Bernard Ollivier a parcouru 12 000 kms à pied, en 4 ans, en solitaire, sur les chemins de la route de la Soie, d’Istanbul à Xian en Chine. J’ai pris plaisir à comprendre le regard émerveillé de ce voyageur, impatient d’avancer mais qui prend cependant tout le temps nécessaire pour rencontrer les gens… et qui ne cesse de se demander pourquoi il marche ! Voyager et cheminer pour découvrir l’autre, les autres. Cheminer pour se découvrir soi-même.

Emma

“When things fall apart”
de Pema Chodron

Une amie m’a offert ce livre pendant une période très difficile de ma vie.  Il a complètement transformé ma façon de penser.  Au lieu d’essayer d’échapper à la douleur et à la réalité de ce qui m’arrivait, j’ai commencé à vivre chaque instant en lâchant prise de mes attentes. Je considère ce livre comme l’un des plus beaux cadeaux que j’ai jamais reçu.

Éric

“Walden or Life in the Woods”
de H.D. Thoreau

Comment vivre sans les choses qui nous distraient, et qui nous empêchent de connaître les vraies racines de la vie.

La devise de Thoreau c’est « simplifiez, simplifiez, simplifiez… ». Ses mots les plus radicaux: “en labourant, l’homme enterre la meilleure partie de lui-même”, “les gens vivent une vie désespérante en silence.” Il nous rappelle que c’est notre propre expérience qui nous apprend la vie.

« Walden », ou le livre qui m’a appris que je n’avais pas tort d’être moi-même, que j’avais le droit d’exister sur cette planète.

En fait, c’est un livre que je ne lis pas souvent : H.D. Thoreau marchait beaucoup dans les bois, et il m’a montré comment marcher dans la vie, ce que j’essaie toujours de faire depuis que je l’ai lu.

France

« Mémoires d’Hadrien »
de Marguerite Yourcenar

Hadrien écrit à son petit-fils qui va lui succéder à Rome, comme empereur. Il lui parle de sa vie, une vie d’homme, faite de projets réalisés ou non, de tracas, de ravissement amoureux, de douleur… une vie racontée avec sincérité.

“Je me suis plu à faire et à refaire ce portrait d’un homme presque sage”.

L’écriture de ce roman prendra à Marguerite Yourcenar une trentaine d’années.

Françoise

« Si c’est un homme »
de Primo Lévi

« … Aussi, en fait de détails atroces, mon livre n’ajoutera-t-il rien à ce que les lecteurs du monde entier savent déjà sur l’inquiétante question des camps d’extermination. Je ne l’ai pas écrit dans le but d’avancer de nouveaux chefs d’accusation, mais plutôt pour fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l’âme humaine. Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée consciente ou inconsciente, que « l’étranger, c’est l’ennemi » … » Primo Lévi (« si c’est un homme »)

Ce récit de Primo Lévi, motivé par le besoin urgent de partager l’expérience d’AUSCHWITZ

-expérience innommable, indicible dans son horreur-, trouve sa place inamovible dans ma bibliothèque pour être lu et relu, pour ne pas oublier que bien au chaud dans nos vies, il faut rester vigilant et résister pour que l’horreur, les horreurs ne se reproduisent pas…

Jim

«Le Livre d’Or »
de Marcus Aurelius

J’ai choisi ce livre parce qu’il pousse à la réflexion, qu’il est stimulant …et qu’il glisse facilement dans ma poche !

Kate

« L’œuvre complète de W.B.Yeats »

C’est mon livre préféré parce que Yeats rend compte pleinement de l’esprit et de l’âme celtiques.

Laurent

« Une histoire populaire des Etats-Unis »
de Howard Zinn

J’aime bien ce livre parce que c’est la vraie histoire des gens populaires, pas celle qui est enseignée à l’école. L’auteur l’a racontée avec les témoignages des Indiens, des travailleurs, des féministes, des syndicalistes, des esclaves, etc. La période va de Christophe Colomb à G.W.Bush.

Manu

“Les Raisins de la Colère”
de John Steinbeck

Sur ce livre, tout a été dit et écrit. Henry Fonda en a fait un film. Bruce Springsteen a chanté “The Ghost of Tom Joad”, et la liste continue….

Comment un lecteur ordinaire comme moi pourrait-il ajouter quelque chose ? Peut-être en utilisant les mots de l’auteur : “Si vous avez des problèmes, si vous êtes blessé, si vous avez des besoins – allez voir les gens pauvres ; ce sont les seuls qui vont vous aider – les seuls !” (Ma Joad). “Voici le début : «…en passant de “je” à “nous…” »(Chapitre 14).

Ou encore, je pourrais décrire mes propres sentiments : j’ai ressenti la famine.

Tout a été dit, mais merci à vous, John Steinbeck, d’avoir écrit Les Raisins de la Colère.

Maria-Rosa

« El cine español en Cien películas »
de Miguel Angel Barroso

Le cinéma espagnol existe et il est sans nul doute l’un des plus riches d’Europe. Considéré comme un corpus précieux, il est une source inépuisable d’informations à forte valeur documentaire sur l’histoire contemporaine espagnole, tant du point de vue historique, que social ou politique. Cette leçon d’histoire nous parvient à travers des films engagés ou non et qui sont le reflet d’une Espagne à double visage, d’un pays qui dès 1939 a le souci de se fermer à toute influence extérieure. Le franquisme instaure via le Ministère de l’Intérieur et de la propagande, une censure qui contrôle toute forme de création et donc en premier lieu le septième art, changeant le visage du cinéma.

Emblématique de cette censure, la création, en 1952, de la Junta de clasificación y de censura de las peliculas dont la mission est de juger le contenu moral, politique et social des films. Le résultat ne se fait pas attendre : la production est réduite au minimum et la censure plurielle (militaire, politique, religieuse…) est appliquée systématiquement.

Se créent alors deux cinémas. Le cinéma officiel qui cache toutes les misères de l’Espagne d’après-guerre et prône le passé glorieux du pays, le patriotisme, la religion catholique…. Et qui en revanche interdit d’aborder certains thèmes comme le divorce, l’adultère, le meurtre, le suicide, la critique de l’état et des institutions…

En dehors de ce cinéma, se crée un autre cinéma d’un autre ton, nouveau, militant et engagé, porté par les 3 B « Berlanga, Bardem, Buñuel ». Juan Antonio Bardem et Luis Garcia Berlanga sont deux réalisateurs majeurs en Espagne. Buñuel est exilé pendant la guerre et durant toute la période franquiste.A Salamanca en 1955, Bardem qualifie le cinéma espagnol ainsi : «l’histoire du cinéma espagnol actuel est politiquement inefficace, socialement faux, intellectuellement infime, esthétiquement nul et industriellement rachitique ». Cette phrase qui deviendra célèbre, nous renvoie notamment à sa propre expérience fortement inspirée du néoréalisme italien.

 

Tout a été écrit sur Bardem et son œuvre, à travers ses propos et ses souvenirs, ses interviews, ses critiques acérées concernant notamment la bourgeoisie provinciale sous le régime franquiste. Tout y est pour retracer son parcours, sa vocation, sa formation, sa réussite inégale, la reconnaissance de la critique internationale et puis… Et pourtant tout reste à découvrir ou à redécouvrir. En portant mon attention plus particulièrement sur la période 1950-1964, j’ai découvert à quel point Juan Antonio Bardem fut l’homme de la situation.

J’ai sélectionné cet ouvrage pour le choix éclairé des films, la rédaction claire et concise qui donne envie de tourner la page, de le parcourir rapidement, de s’arrêter, de revenir à une page antérieure puis de repartir. La page de couverture animée par la présence intense et pétillante de Penélope Cruz nous incite à plonger au cœur de l’Espagne, à découvrir un pays de son intérieur au travers de films marquants ou controversés, souvent incompréhensibles au regard étranger. Portant chacun une marque de l’histoire du cinéma ou le reflet d’une période, ils participent tous à la constitution de la mémoire collective.

Si le cinéma espagnol m’était conté… j’aimerais que cela soit par Juan Antonio Bardem. Bardem, ce cinéaste talentueux et innovant qui, à travers des films comme Cómicos, Muerte de un ciclista ou encore Calle Mayor, La Venganza et Nunca Pasa Nada a su provoquer des émotions contradictoires, qui m’ont touchée profondément, moi qui suis tellement française et me sens tellement espagnole.

Marie-Jo

« Rosa Candida »
de Audur Ava Olafssdotir

Cette histoire me plait parce que c’est le « road movie » d’un jeune homme d’Islande qui part en Europe du sud pour retrouver le jardin où se trouvent les roses à 8 pétales, dont sa mère lui a parlé avant sa mort. La fleur décore un vitrail dans une église…

Nelly

« Le Lys dans la Vallée »
de Honoré de Balzac

J’aime ce livre pour son côté romanesque qui a nourri mes rêves de jeune fille, et pour l’enchantement causé par les paysages bucoliques que l’auteur savait si admirablement dépeindre pour nous y transporter !

Pierre

« Le Livre des Merveilles »
de Marco Polo

Marco Polo, sacré coquin !

Le « Livre des merveilles » : un témoignage extraordinaire vécu par un italien, écrit par un français, démystifié par une anglaise.

Un récit fabuleux n’a cessé, du Moyen Age jusqu’à nos jours, de hanter les mémoires et d’exciter les imaginations, je veux parler du « Livre des merveilles » de Marco Polo.

Le père et l’oncle de Marco Polo avaient effectué un voyage jusqu’en Chine dans les années 1260, séjourné à Pékin, et été reçus par l’empereur qui, tolérant sur la religion, leur avait demandé de retourner en Europe chercher des missionnaires. Mais à leur retour, comme le pape ne s’inquiétait plus de la menace tartare et qu’il tardait à missionner les Polo de nouveau, ceux-ci décidèrent de retourner, en 1271, auprès de Kubilaï, sans la centaine de missionnaires demandés mais avec le jeune Marco et deux moines craintifs qui firent demi-tour dès la Palestine.

 

Au bout de trois ans de voyage, ils arrivent à la cour du Grand khan au service duquel ils resteront seize ans, Marco Polo remplissant diverses missions et ambassades après avoir appris le mongol. Après dix-sept ans de voyage, les Polo souhaitèrent regagner leur pays. En 1291, l’occasion se présenta de conduire une princesse chinoise auprès du souverain mongol de Perse. Ils n’arrivèrent à Venise qu’en 1295, Marco étant âgé de quarante et un ans.

Trois ans plus tard, à l’occasion d’un nouveau conflit entre Venise et Gênes, Marco Polo fut fait prisonnier. C’est là qu’il dicta ses souvenirs à Rusticello de Pise, écrivain de cour s’exprimant en ancien français, sous le double titre de « Devisement du monde » ou « Livre des merveilles ».

Cette double appellation rend d’ailleurs bien compte de l’aspect ambivalent de ces récits dont la description s’attache à donner une représentation du monde minéral, animal et végétal, ainsi que de la géographie humaine, et dont le titre « merveilles » renvoie à l’étonnement devant une réalité qui dépasse l’imagination.

 

Car l’histoire est merveilleuse, mais elle serait fausse !

La famille Polo, père, oncle et neveu, n’aurait jamais foulé le sol chinois, encore moins recueilli les confidences de la cour.

Commerçant pour la République de Venise, ils ont probablement fréquenté les comptoirs installés au bord de la mer Noire, fait un saut sur les rives de la Caspienne. Ecoutant, notant, mesurant, en bons marchands, ce qui pourrait profiter à leur commerce.

 

Géniale imposture, manigancée par les amis du Vénitien et les innombrables copistes qui, chacun à son tour, ont ajouté un chapitre à la légende. C’est ce que découvre Frances Wood, écrivain et sinologue de talent, en 1995, après avoir étudié les travaux de spécialistes allemands de la Mongolie médiévale. Selon elle, le Vénitien ne connaît que le nom persan des villes chinoises qu’il décrit. Pour en avoir le cœur net, l’anglaise iconoclaste se plonge dans les archives, à Londres, à Paris, au Vatican, et étudie le manuscrit de Tolède, dernière version découverte du fameux Livre des merveilles du monde.

 

Hélas! On a perdu le manuscrit original. Il ne reste, des milliers de copies qui ont circulé pendant trois siècles, qu’une centaine de moutures, au fond des bibliothèques.

Suffisamment pour permettre à Frances Wood de dresser la liste des erreurs et des omissions du célèbre voyageur. Il n’a vu ni la Grande Muraille ni les minuscules pieds bandés des femmes chinoises. Marco Polo ne semble pas avoir goûté au thé de Chine; il n’évoque pas les extraordinaires caractères de la calligraphie chinoise. Et pas un mot sur ces inévitables baguettes que les dîneurs asiatiques manient avec dextérité depuis des millénaires!

 

Pour moi, tout cela n’est pas si grave, Marco nous a fait rêver pendant 7 siècles, peut-être en ajoutant un excès de fantastique à son récit. Si le « Livre des merveilles » fut, comme on le dit aussi, l’ouvrage qu’emporta avec lui Christophe Colomb lorsqu’il s’embarqua pour son grand périple, alors caressez légèrement du bout des doigts la tranche dorée des pages parcheminées, respirez le cuir de la reliure et vous aussi, laissez-vous porter par la soif de l’aventure et la passion des découvertes. L’innocence de croire à l’incroyable fera le reste.

Phillipe

« L’équation du nénuphar »
d’Alfred Jacquard

Alfred Jacquard, scientifique, explique dans ce livre les mathématiques, la génétique et plein d’autres choses avec des mots simples et avec une clarté déconcertante. Au-delà de tout ça, il fait le lien avec la société, l’enseignement, la politique, la religion, l’écologie et pose des questions simples au lecteur.

Une remise en question de tous les jours et du monde de demain avec une certaine espérance.